Que faut-il savoir?

• Les recours

 

Une éventuelle pandémie risque d’avoir un impact sur les opérations des entreprises. Il peut arriver que, pour assurer le maintien des opérations critiques ou en raison d’un taux d’absentéisme élevé, un employeur demande à des employés d’effectuer des heures supplémentaires.
Voici les règles qui s’appliquent.


Les heures supplémentaires

La semaine normale de travail est de 40 heures*. Au-delà de cette période, les heures travaillées sont des heures supplémentaires. Elles doivent être payées à un taux augmenté de 50 % (taux et demi) du salaire horaire habituel du salarié.

* Pour certains salariés, la semaine normale de travail est différente.
Pour en savoir plus »

À la demande du salarié, l’employeur peut remplacer le paiement des heures supplémentaires par un congé. Ce congé doit être d’une durée équivalente aux heures supplémentaires effectuées, augmentées de 50 %. Il doit être pris dans les 12 mois suivant les heures supplémentaires effectuées et à une date convenue entre l’employeur et le salarié.

Noter les heures de travail, c’est important !
Il est utile pour le salarié et l’employeur de noter chaque jour
les heures de travail effectuées. Cela permet de savoir combien d’heures doivent être payées en heures supplémentaires. Un relevé des heures travaillées permet également au salarié de réclamer, au besoin, des sommes d’argent qui n’auraient pas été versées par l’employeur.


L’étalement des heures de travail,
une possibilité pour l’employeur

Considérant l’hypothèse d’un taux d’absentéisme élevé, une entreprise pourrait se trouver avec un effectif réduit pour maintenir ses activités. Dans certaines situations, un employeur peut demander un étalement des heures de travail qui ne peut excéder un an.

S’il a l’autorisation de la Commission des normes du travail, un employeur pourra étaler les heures de travail sur plusieurs semaines. Ainsi, pour calculer les heures supplémentaires, l’employeur pourra utiliser une période de référence autre que sur une base hebdomadaire. Il faut toutefois que la moyenne des heures travaillées au cours de la période soit équivalente à la semaine normale de travail, soit 40 heures.

Le cas de la compagnie XYZ

La compagnie XYZ a obtenu l’autorisation d’étaler les heures de travail de ses salariés sur une période de trois semaines. Voici comment calculer si la moyenne des heures travaillées au cours de la période d’étalement permise équivaut à la semaine normale de travail, soit 40 heures.

Au cours d'une période de trois semaines, Lucie a travaillé 120 heures se répartissant ainsi :

Semaine 1 = 30 heures
Semaine 2 = 50 heures
Semaine 3 = 40 heures

Heures travaillées au cours des trois semaines 120 heures
÷ nombre de semaines accordé pour l’étalement des heures de travail
3 semaines
= 40 heures


La moyenne des heures travaillées de Lucie au cours de la période d’étalement permise équivaut à 40 heures, soit la semaine normale de travail.


Les gardiens et gardiennes de personnes, une exception

Les gardiens et gardiennes de personnes sont susceptibles de travailler davantage dans l’éventualité d’une pandémie. Ces salariés sont protégés par les dispositions de la Loi sur les normes du travail. Cependant, leur taux de salaire n’est pas augmenté de 50 % après 40 heures de travail.

Les gardiens et gardiennes de personnes sont les salariés dont la fonction exclusive est d’assumer la garde ou de prendre soin d’un enfant, d’une personne malade, d’une personne handicapée ou d’une personne âgée dans le logement de cette personne y compris, le cas échéant, d’effectuer des travaux ménagers qui sont directement liés aux besoins immédiats de cette personne, sauf si l’employeur poursuit au moyen de ce travail des fins lucratives.


Le droit de refus de travailler

Un salarié peut refuser de travailler au-delà d’un certain nombre d’heures afin de limiter la durée du travail. Le total des heures calculé à partir de la première heure travaillée permet de déterminer si un salarié peut exercer son droit de refus.
Le droit de refus peut s’exercer quotidiennement, hebdomadairement ou les deux.

1. Le droit de refus peut s’exercer quotidiennement :

  • pour le salarié qui a un horaire régulier, plus de 4 heures au-delà de ses heures habituelles de travail ou plus de 14 heures par période de 24 heures, selon la période la plus courte ;
  • pour le salarié dont les heures quotidiennes de travail sont variables ou effectuées de manière non continue, plus de 12 heures par période de 24 heures.

2. Le droit de refus peut s’exercer hebdomadairement après :

  • plus de 50 heures de travail par semaine, sauf s’il y a autorisation d’étalement des heures de travail ;
  • plus de 60 heures de travail pour un salarié qui travaille dans un territoire isolé ou sur le territoire de la Baie James.

Toutefois, le droit de refus de travailler ne peut s’exercer s’il a pour conséquence de mettre en danger la vie, la santé ou la sécurité des travailleurs ou de la population.


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