La loi dit

La Loi sur les normes du travail comporte des dispositions sur le harcèlement psychologique au travail qui protègent la majorité des salariés québécois.

Même si la loi ne s'applique pas à certains salariés comme, le cadre supérieur, le gardien de personnes, le salarié assujetti au décret de la construction, le travailleur partie à un contrat (dans certaines situations) ou encore l'étudiant stagiaire, les dispositions concernant le harcèlement psychologique s'appliquent quand même à eux.

Ce qu’est le harcèlement psychologique au travail

Le harcèlement psychologique au travail est une conduite vexatoire qui se manifeste par des comportements, des paroles ou des gestes répétés :

  • qui sont hostiles ou non désirés
  • qui portent atteinte à la dignité ou à l’intégrité psychologique ou physique du salarié
  • qui rendent le milieu de travail néfaste.

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Une seule conduite grave peut constituer du harcèlement psychologique si elle a les mêmes conséquences et si elle produit un effet nocif continu sur le salarié.

La définition du harcèlement psychologique comprise dans la Loi sur les normes du travail inclut le harcèlement sexuel au travail et le harcèlement fondé sur l’un ou l’autre des motifs énumérés dans l’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne : la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap.

Les critères

Pour établir qu’il y a bien harcèlement psychologique, il faut démontrer la présence de tous les éléments de la définition :

Conduite vexatoire

Cette conduite est humiliante, offensante ou abusive pour la personne qui la subit. Elle blesse la personne dans son amour-propre et l’angoisse. Elle dépasse ce qu’une personne raisonnable estime correct dans le cadre de son travail.

Le caractère répétitif

Considérés isolément, une parole, un geste, un comportement peuvent sembler anodins. C’est l’accumulation ou l’ensemble de ces conduites qui peut devenir du harcèlement.

Paroles, gestes ou comportements hostiles ou non désirés

Les paroles, les gestes ou les comportements reprochés doivent être perçus comme hostiles ou non désirés. S’ils sont à caractère sexuel, ils pourraient être reconnus comme du harcèlement même si la victime n’a pas exprimé clairement son refus.

Atteinte à la dignité ou à l’intégrité

Le harcèlement psychologique a un impact négatif sur la personne. La victime peut se sentir diminuée, dévalorisée, dénigrée tant sur le plan personnel que professionnel. La santé physique de la personne harcelée peut aussi en souffrir.

Milieu de travail rendu néfaste

Le harcèlement psychologique rend le milieu de travail néfaste pour celui qui en est victime. Le harcelé peut, par exemple, être isolé de ses collègues à cause de paroles, de gestes ou de comportements hostiles à son endroit ou à son sujet.

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Obligations de l’employeur

Fournir un lieu de travail sans harcèlement psychologique.

L’employeur est obligé de fournir à ses salariés un milieu de travail exempt de harcèlement psychologique. Il s’agit toutefois d’une obligation de moyens et non de résultats. Cela signifie que l’employeur ne peut pas garantir qu’il n’y aura jamais de harcèlement psychologique dans son entreprise, mais qu’il doit :

  • prévenir toute situation de harcèlement psychologique par des moyens raisonnables
  • agir pour mettre fin à tout harcèlement psychologique dès qu’il en est informé en appliquant des mesures appropriées, y compris les sanctions nécessaires.

Gérer de façon à prévenir le harcèlement psychologique

L’employeur doit avoir des pratiques de gestion qui permettent de prévenir les situations de harcèlement psychologique. Il doit mettre en place, dans son entreprise, un mécanisme interne connu et efficace pour être informé lui-même de ces situations et pour en informer tous ses salariés. Ce mécanisme doit aussi permettre de traiter objectivement et rapidement ces situations quand elles se produisent, afin de les faire cesser.

Dans ses pratiques de gestion préventive, l’employeur doit également prendre en compte que le harceleur peut être extérieur à son entreprise : client, usager, fournisseur, visiteur. Pour pouvoir bien remplir ses obligations, il a aussi le droit de demander à ses salariés de ne harceler ni leurs collègues ni leurs supérieurs ou leurs interlocuteurs dans le cadre de leur emploi.

Dans une petite entreprise

L’employeur doit informer tout son personnel qu’il s’engage fermement à prévenir et à faire cesser tout harcèlement psychologique au travail, et il le lui rappelle régulièrement. Il peut le faire par une déclaration écrite :

  • remise à tous les nouveaux salariés à leur embauche
  • redistribuée avec le bulletin de paie, par note interne, par courriel ou lors de rencontres individuelles ou de groupe
  • affichée dans les vestiaires, la salle à manger, la salle de repos.
Note

Si l’employeur lui-même harcèle, il pourra être tenu responsable de sa propre conduite.

Dans une grande entreprise

La direction de l’entreprise doit s’engager concrètement à prévenir et à faire cesser tout harcèlement psychologique au travail. Elle doit aussi en informer clairement tous les salariés. Elle crée ainsi les conditions favorables à l’implantation d’un processus de prévention. L’engagement de la direction doit être constant, connu de tout le personnel et rappelé régulièrement. Il doit s’inscrire dans la politique d’entreprise et se traduire par des actions concrètes, crédibles et efficaces.

Note

L’employeur peut être tenu responsable de la conduite de ses salariés tant dans le cadre de leur travail que dans celui des activités ou des formations qui y sont liées.

Pour en savoir plus et vous aider dans l’élaboration de votre politique, voir le Canevas pour élaborer une politique d’entreprise en matière de harcèlement psychologique au travail, cette webconférence et la section « Vous êtes employeur dans une grande entreprise ».

À qui s’adresser

Quand une situation de harcèlement psychologique se produit dans un milieu de travail, la Commission des normes du travail invite le salarié à recourir, autant que possible, aux personnes-ressources désignées par son employeur et aux mécanismes mis en place dans son organisation.

Si la situation ne peut pas être résolue au sein de l’entreprise, le salarié peut exercer le recours prévu par la Loi sur les normes du travail.

Le délai

Le recours en cas de harcèlement psychologique au travail doit être exercé dans un délai de 90 jours après la dernière manifestation.

Si, par exemple, le dernier épisode de harcèlement psychologique s’est produit le 11 décembre 2007, la personne harcelée a jusqu’au 10 mars 2008 pour porter plainte à la Commission des normes du travail.

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